PDA

Voir la version complète : bio méd - pharmacologie toxicologie ?



BZD
26-10-2011, 16:56
Bonjour,

Pouvez-vous m'expliquer sur quel type de métier débouche concrètement la spécialité pharmacologie-toxicologie (pour un interne venant de médecine) :
- en hôpital ?
- dans le privé (recherche pharmaceutique) ? test animaux (plutôt pour ceux venant de pharma d'après ce que j'ai entendu) ? test clinique (plutôt pour ceux venant de médecine?) ?
- autres ?

Est-ce que c'est une spécialité plutôt par coeur (effets indésirables) ou plutôt réflexion (mécanismes d'action) ? ou autant des deux ?

Merci

Cobalt
27-10-2011, 20:48
C'est une spécialité biologique, il s'agit avant tout de contrôler, réaliser et interpréter des dosages médicamenteux et recherche de toxique. Comme toutes les spé biologiques, les débouchés sont les mêmes pour les médecins et les pharmaciens. Il s'agit d'une spécialité essentiellement hospitalière. Les autres débouchés que tu cites ne relève pas vraiment de la biologie.

Karpatt
28-10-2011, 19:48
J ne suis pas encore passé en pharmacotox mais voici quelques informations.C'est une des (nombreuses) disciplines de la biologie médicale.
Elle se divise elle-même en :
- toxicologie : avec la toxicologie médicale et la toxicologie médico-légale
- pharmacologie : avec la pharmacocinétique, la pharmacogénétique...

Globalement :
Les biologistes médicaux (de pharmaco-tox ou des autres disciplines) sont responsables de :
- La phase pré-analytique : c'est tout ce qui est en amont de l'analyse biologique proprement dite. Le biologiste de pharmacotox doit connaitre le type de prélèvement à faire (cheveux, sang, urine…), le conditionnement (type de tube, température de conservation, abri de la lumière ?…), le type de transport au laboratoire (rapide ? ), la préparation du produit biologique à l'analyse (centrifugation ? Extraction du médicament ou stupéfiant….), le recueil des informations cliniques…………….
- La phase analytique : c'est le dosage du médicament ou du stupéfiant proprement dit. Ce sont des automates qui font les dosages et ce sont les techniciens qui font fonctionner les automates. Ces dosages sont réalisées par des "chromatographies en phase gazeuse", " des chromatographies en phase liquide", "des spectrométries de masse"…. Et pleins d'autres noms barbares, aussi barbares que leur mode de fonctionnement. Mais il est indispensable que le biologiste le saisisse parfaitement afin de pouvoir comprendre les éventuels biais de dosages, de connaître la sensibilité, la spécificité, les interférences, de développer de nouveaux dosages………..
- La phase post-analytique : c'est l'interprétation du résultat. C'est pas uniquement dire qu'il existe un sous ou un sur-dosage. L'interprétation doit prendre en compte à la fois le pré-analytique, et l'analytique. Par exemple, on n'interprète pas de la même manière un dosage d'aminoside si la prise a eu lieu 30 minutes avant ou la prise a eu lieu il y a 10 heures. Le pharmacotox doit connaître les différentes causes qui peuvent expliquer des concentrations anormales (insuffisance rénale, insuffisance hépatique, anomalies génétiques…) et doit être capable de proposer des posologies plus adaptées au clinicien.
Ils doit également connaître toutes les conséquences organiques des concentrations inadaptés.


A part :
Lorsqu'il existe un décès suspect, un viol…, la justice fait appel au toxicologue médico-légal pour une recherche de toutes les intoxications possibles et imaginables (BZD, cocaine, bêta-bloquant, éthanol… y'en a près de 150 comme ça). En fonction des produits retrouvés et leur quantité, le tox réalise une expertise en expliquant quelles sont les conséquences de la présence de tels produits dans le corps humain (trouble de conscience, bouffée délirante, dépression respiratoire…), quand et quelle quantité a été prise…

(voilà en gros, en très gros).

Lydestef
31-10-2011, 20:13
Pour y être passé pendant 18 mois, je peux te confirmer que c'est une spécialité essentiellement biologique avec un ratio clairement en faveur des pharmaciens.

Les médecins y arrivent en général par le biais de la recherche clinique aussi bien sur l'animal que dans les phases I et II sur l'humain. Les profils sont très très variés. Dans le labo où je suis passé, les PU-PH étaient rhumato de formation et développaient une recherche très axée sur la pharmaco articulaire. Il y aussi au sein de la pharmaco-toxico, une part de praticiens qui s'intéresse à la pharmacovigilance qui elle s'éloigne de la paillasse.

En laboratoire pharmaceutique, il n'y a plus énormément de postes de pharmaco pur. Pourquoi ? Parce que ça leur coûte moins cher de sous traiter avec les labos de facs ou privés impliqués dans le développement de principe actif ou de cible thérapeutique. Actuellement les postes proposés sont de ce type :
http://www.emploi.leem.org/detail_offre.php?ID_OFFRE=96402
http://www.emploi.leem.org/detail_offre.php?ID_OFFRE=95888

Avoir aussi à l'esprit que la pharmacologie pure aura de moins en moins d'importance dans les innovations thérapeutiques. Sachant que la tendance actuellement c'est le développement de biotech dont la mise au point fait appel à d'autres disciplines (bio moléculaire, génétique, immuno...). Pour la petite histoire, la fabrication de ces nouvelles est si complexe que leur "générication" posera de vrais problèmes.

Je te conseille vivement de contacter directement quelques PU-PH d'hôpitaux différents pour te faire une idée plus précise.

BZD
05-11-2011, 18:58
Merci à vous pour toutes ces explications :)

Lydestef
10-11-2011, 09:35
Pour mettre un point final à cette discussion, voilà une actualité récente qui confirme l'orientation stratégique de l'industrie pharmaceutique

« Sanofi pourrait supprimer 1.455 postes de R&D »
Les Echos, La Tribune

Les Echos relève que « la restructuration de la recherche de Sanofi se précise. Lors d'un comité de groupe européen tenu hier en présence d'Elias Zerhouni, le patron monde de la R&D, la suppression de 1.455 postes sur un effectif de 15.000 personnes a été évoquée, dont 555 en Europe et 900 aux Etats-Unis ».
Le quotidien précise que « sur le Vieux Continent, le champion tricolore de la pharmacie va fermer cinq sites : un à Francfort, entraînant la suppression de 328 postes, un en Hongrie (164 postes) et un autre à Milan (63). Les deux derniers sont situés au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ».
« La direction, elle, ne confirme pas ces chiffres », remarque toutefois le journal, qui ajoute que « pour l'instant, la France est épargnée, mais les syndicats redoutent des annonces en 2012 ».
Les Echos explique que « stratégiquement, l'idée est de moins dépendre de la recherche interne et d'ouvrir davantage les travaux vers des collaborations extérieures. […] Plus prosaïquement, il s'agit de réaliser de nouvelles économies, Sanofi s'étant engagé à économiser 2 milliards d'euros d'ici à 2015, après les 2 milliards déjà réalisés entre 2009 et 2011 ».
La Tribune annonce également « plus de 1 400 suppressions de postes chez Sanofi », et relève que « pour l’heure, aucune annonce ne concerne la France, mais les salariés redoutent des coupes claires ».