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Voir la version complète : article de M.Winckler in le monde diplomatique


Anonymous
03/02/2004, 16h10
je vous transmet un article de martin winckler( que m'a filé perrine) qui descend tout notre systeme d'enseignement ...
c'est un peu long mais lisez bien tout jusquà la fin
bonne lecture et bonne reflexion.

Désolé pour les fautes de frappes
Pour info, l'ANEMF avait participé au 1er congrès IPM en 2000 à la Salpétrière, je sais c'était il y a longtemps, mais qd même ...
Merci à Don Lamberti
Matthieu
Ancien VP

LE MONDE Diplomatique – JANVIER 2004
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/

LES FAILLES DU SYSTEME DE SANTE FRANçAIS
Médecins sous influences

Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie devrait rendre public,
d’ici la fin janvier, son rapport destiné officiellement, à établir le
bilan de la Sécurité sociale Française et, officieusement, à préparer les
esprits à sa réforme. Déjà, le plan « Hopital 2007 » préparé par le
gouvernement, qui transforme les établissements publics en entreprises «
productrices de soins », risque d’aggraver les difficultיs. Les ratés
actuels du système de santי posent aussi la question de la formation des
mיdecins.

Par Martin Winckler *

D’ou proviennent les disparités de la densité médicale, sinon du privilège
exorbitant qu’ont les mיdecins de choisir leur spècialitè et leur lieu d’
exercice en fonction de leurs seuls dèsirs et au mépris des besoins de ceux
qu’ils soignent ? Pourquoi laisse-t-on le fossé se creuser entre les régions
surmédicalisées (Ile-de-France, Rhפne-Alpes, Provence-Alpes-Cפte d’Azur) et
les autres ? Pourquoi continue-t-on à former et à rémunérer au rabais les
généralistes et à favoriser des spécialistes moins utiles et plus coteux en
prescriptions ?

Mème si les professionnels rèpugnent à le reconnaitre, la réponse est simple
: former des médecins, c’est former une aristocratie.

En 1968, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’inégalité face
aux יtudes mיdicales et pousser les facultés à s’ouvrir. Mais, au tout début
des annיes 1970, le numerus clausus a réinstaurיéune sélection sociale
déguisée, véhiculée par les matières «fondamentales » (mathיématiques,
physique, chimie). Le corps mיdical tenait à rester un corps d’élite.

Le concours de première annèe est le reflet cruel de cette idéologie. Plutot
que d’organiser un examen d’entrée juste après le bac, comme pour d’autres écoles supérieures, on force des milliers de jeunes gens à s’entasser dans
les amphithיגtres pour s’échiner à ingérer des matières sans rapport avec
le soin – physique, chimie, statistiques – ou très éloignיés de la pratique.
Les candidats recalés (י(80%sont brisés par ces deux années de lutte qui ne
leur ont épargné aucune humiliation. Les reçus ne sont pas moins ébranlés :
on leur a appris, de fait,à considérer leurs condisciples comme des ennemis
et non comme des camarades avec qui ils soigneront. Et, une fois passי le
barrage du concours, on les exhorte à remettre ça pour passer un second
concours, l’internat, depuis longtemps destiné à créer une élite à l’
intérieur de l’élite.

Une vיritable réforme de l’enseignement viserait à donner à tous les
יtudiants une formation solide, qui s’appuie sur une évaluation des
connaissances libérée de tout bachotage. Au lieu de quoi, la sיlection se
poursuit. Mais comment un processus aussi aliénant pourrait-il produire des
praticiens investis d’une vision collective, solidaire et responsable du
soin ?

Deux heures pour la contraception

Archaique et épuisante, cette succession de concours et de classements
favorise tout naturellement les étudiants les plus agressifs, les plus
défensifs, parfois mème les plus pathologiques. Ceux-là mèmes qui se
prיoccuperont le moins de partager les sentiments d’autrui et viseront
surtout …le pouvoir : celui des chefs de service et responsables d’
enseignement. La médecine française est ainsi dirigיe depuis près d’un
siècle par nombre de professeurs arrogants, refusant d’admettre que les
patients puissent discuter leurs dיcisions et incapables de transmettre aux
jeunes mיdecins une éthique du soin, de la solidaritי et du partage.

A Kansas City (Missouri), les יtudiants admis en mיdecine après quatre
annיes d’université reçoivent, en cadeau de bienvenue, un fort volume
intitulé On Doctoring (« sur le soin (1) ». Anthologie de textes littיraires
consacrיs à la maladie, au soin, א la vie et א la mort, elle contient des
textes de la Bible, mais aussi de Jorge Luis Borges, Franz Kafka, Williams
Carlos Williams,Kurt Vonnegut Jr, Pablo Neruda, Conan Doyle et de mיdecins écrivains contemporains connus et respectéיs hors de France, tels Abraham
Verghese et Jack Coulehan. On offre ce livre aux יtudiants, explique le
mיdecin responsable de l’enseignement, « parce qu’ils en apprendront plus
sur le soin dans la littיrature que dans les livres de pathologie – ou l’on
apprend que la mיdecine ».

A Amsterdam (Pays-Bas), les יtudiants en mיdecine sont sיlectionnיs par
tirage au sort à la fin du Lycיe : les promotions reflètent des milieux
sociaux, des aspirations, des gots et des cultures extrèmement divers. Les
Nיerlandais pensent que ce qui permet de devenir un bon mיdecin, ce ne sont
pas les aptitudes innées, mais le soin avec lequel on est formé. Au cours de
rיunions trimestrielles, les internes sont invitיs à décrire leurs
conditions de stage, l’attitude et comportement des mיdecins qui les
encadrent, afin de vérifier périodiquement que les uns et les autres sont
effectivement propices à leur formation. Chaque promotion élit à la
commission d’enseignement un(e) reprיsentant(e) disposant d’un droit de
veto. Si l’un des enseignants pressentis est contestי par les יtudiants, il
n’est pas embauchי.

En Allemagne, la formation spיcifique des mיdecins généralistes inclut la
participation à des groupes Balint. Psychiatre anglais d’origine hongroise,
Michael Balint (2) crיa dans les annיes 1940 des groupes composיs d’une
dizaine de mיdecins. Animיs par un psychanalyste, chaque groupe se rיunit
une ou deux fois par mois pour aborder les יcueils relationnels que
rencontrent les soignants et parler de dיsir, de rיpulsion, d’angoisse, de
chagrin, de colère, d’agressivitי, de peur et de doute. En Allemagne, (mais
aussi en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Scandinavie, en Amérique du
Nord), il va de soi que se pencher sur ses failles et fèlures d’ètre humain,ça fait du bien aux mיdecins… et aux patients. En France, א l’inverse, les
יtudiants sont depuis toujours incités à refouler leurs sentiments. La
pratique de Balint est méprisée dans la majoritי des facultיs, et les
groupes ne rassemblent que quelques centaines de soignants dans tout le
pays.

Car les facultés de médecine de l’Hexagone ignorent ou (mיprisent) la
dimension relationnelle du soin. A l’aube des annיes 1980, on exposait
encore sans vergogne des patients devant des groupes d’יtudiants, comme on
le faisait au XIXè siטcle. Actuellement le cours en amphithיגtre a toujours
force de loi ; les יéudiants doivent boire la parole de leurs maitres sans
jamais la questionner : les grandes visites avec aréopages n’ont pas
disparu, pas plus que les consultations ou les patients défilent devant une
dizaine de regards.

Il n’y a pas de consensus national sur le fond et la forme de l’enseignement
transmis aux יtudiants : d’une région à une autre, la teneur des cours
reflטte les opinions personnelles des professeurs en chaire. Le corps
mיdical franחais semble avoir pour particularitי d’ignorer que le savoir
évolue sans cesse.

Incapables de délivrer autre chose que des banalités sur des sujets aussi
cruciaux que la sexualitי, la prévention des interruptions volontaires de
grossesse (IVG) et des grossesses non désirées ou le dépistage et la
prיvention des maladies, la plupart des chargés de cours affichent sur ces
sujets une ignorance confondante. Un exemple reprיsentatif : alors que
toutes les mיthodes contraceptives ou presque sont commercialisיes dans
notre pays, les יtudes les plus récentes (3) montrent que la plupart des
grossesses non désirées – qui se soldent par 220 000 IVG annuelles – ont
pour cause les informations insuffisantes ou inappropriיes délivrées par les
mיdecins qui ne connaissent que la pilule contraceptive et rejettent les
mיthodes plus sres que sont le dispositif intra-utérin (DIU ou stErilet), l
’implant contraceptif et les progestatifs injectables !

Les femmes reprיsentent 70% des consultants en médecine générale, mais
fécondité et contraception n’ont droit, au mieux, qu’à …deux heures d’
enseignement bourrיes de notions fausses et inopérantes.

Et s’il n’y avait que la contraception ! Il a fallu attendre 1995 pour qu’un
ministre de la santי (M. Philippe Douste-Blazy) propose un enseignement
obligatoire du traitement de la douleur dans toutes les facultיs et 2001
pour qu’un autre (M. Bernard Kouchner) impose la mise en place de protocoles
de traitement de la douleur dans tous les services. Car trop d’enseignements
sont conçus par des hospitaliers ignorants de tout ce qui n’est pas leur
domaine. Les médecins généralistes et les épidיmiologistes conscients des
besoins de la population sont rarement mis à contribution.

Les jeunes mיdecins terminent donc leurs études bardés de notions très
pointues sur le diagnostic et la chimiothérapie des leucémies, mais
commencent leur exercice sans rien savoir de la fatigue, de la douleur, de
la migraine, des comportements sexuels, de la grossesse, de l’alimentation
des enfants, du dיpistage des troubles de croissance et du comportement, de
la prיvention et du traitement de l’obésité, de la surveillance des
affections chroniques, du suivi des personnes גgיes, de l’accompagnement des
mourants… Bref, du soin au jour le jour.

Former en nombre suffisant (on en est loin) des médecins compétents et
conscients de leurs responsabilitיs sociales, valoriser la mיdecine de
famille et les spécialités utiles (la chirurgie générale manque de
praticiens) et favoriser les installations dans les lieux qui en ont besoin
conduirait à une meilleure délivrance des soins. Les services d’urgence
cesseraient alors d’ètre submergיs par des grippes et les gastro-entיrites
qu’on peut soigner א domicile, et la Sיcuritי Sociale ne s’en porterait que
mieux.

Certes les hopitaux français ne manquent pas d’יtudiants et de soignants de
bonne volontי qui, depuis trente ans, luttent pour instaurer d’autres
relations de soins et d’autres formes de transmission du savoir, tout en
dénonçant les insuffisances gouvernementales. Depuis plusieurs annיes, avec
des moyens limitיs et malgré des obstacles administratifs souvent
désespיrants, une minorité active de génיralistes combatifs s’efforce d’
organiser des séminaires de formation permanente, indיpendants et de grande
qualité. Mais les efforts de ces praticiens lucides et dévoués sont sans
cesse battus en brèche par des ennemis bien plus puissants que l’immobilisme
des mandarins.

En facultי de médecine, l’enseignement de la pharmacologie et de la
thérapeutique est inexistant ou inadaptי et on n’apprend pas aux יtudiants
la lecture critique des articles scientifiques. Cette lacune majeure de la
formation initiale fait le jeu d’une industrie pharmaceutique dont l’
influence sur le corps médical français (4) est phénoménale. Livrés à
eux-mèmes, les jeunes praticiens deviennent une proie facile : les revues
professionnelles sont presque toutes, peu ou prou, financיes et contrפlיes
par l’industrie. L’exception – la justement réputée revue Prescrire –
devrait faire partie des lectures obligatoires de tout mיdecin en formation,
mais nombre de mיdecins hospitaliers, eux aussi manipulיs par l’industrie,
ignorent ce prיcieux outils.

Face א des visiteurs médicaux rompus à la séduction, à la flatterie, א la
culpabilisation, א la corruption déguisée, les médecins dénués d’esprit
critique se retrouvent bien désarmés et croient assurer leur formation
continue en participant aux symposiums et aux congrès financés par les
laboratoires pharmaceutiques. C’est ainsi que la France est devenue le
premier consommateur au monde de tranquillisants et d’antidיpresseurs et
que, chaque annיe, les prescriptions inadaptיes se soldent par 140 000
hospitalisations pour accidents mיdicamenteux, dont 9% de décès (5).

Un mיdecin correctement formי explique beaucoup, rassure sans cesse (dans la
population franחaise, les maladies graves sont infiniment moins frיquentes
que les maladies bיnignes), éduque à tour de bras, passe son temps א faire
de la prיvention, mais, surtout, prescrit très peu de mיdicaments, d’examen
complיmentaires et d’hospitalisation ! Objectivement, ni l’industrie
pharmaceutique, ni les fabricants d’appareillages mיdicaux ne tiennent א ce
que ces médecins-là soient majoritaires.

On peut juger au travers du paradoxe qui suit : on observe trois fois plus
de grossesses non désirées chez les utilisatrices de pilule que chez les
utilisatrices de stérilet. Un stיéilet au cuivre coute 27 euros et peut ètre
gardé dix ans, quand la plupart des pilules cotent 20 euros par trimestre.
Pourtant les médecins français prescrivent quatre fois plus souvent la
pilule que le stיrilet (on ne leur apprend pas א le poser). Qui a intérèt à
ce que les mיdecins imposent à leurs patientes la méthode la plus coteuse
et la moins efficace des deux ? Qui préfère ignorer que, chaque année, des
milliers de femmes mal informées par des praticiens manipulés, sont
contraintes d’avorter ?

* Mיdecin gיnיraliste et יcrivain, vient de publier Contraceptions, mode d’
emploi (יdition, Le Diable Vauvert, Paris, 2003) et Odyssיe, une aventure
radiophonique (Le cherche Midi, 2003)


(1) Richard Reynolds, John Stone, On Doctoring – Stories, Poems, Essays,
Simon & Schuster, New York 1995.

(2) Son ouvrage Le Mיdecin, le Malade et la Maladie (Payot, Paris 2003) est
un classique lu dans le monde entier.

(3) Voir en particulier Nathalie Bajos, Michטle Ferrand (יd.) , de la
contraception א l’avortement : sociologie des grossesses non prיvues, coll.
« Questions en santי publique » Inserm, Paris 2002.

(4) ….et sur la classe politique. L’actuel directeur de cabinet de Monsieur
Jean-Franחois Mattei, Monsieur Louis-Charles Viossat, était auparavant cadre
supérieur chez Lilly, puissante multinationale du médicament proche du
président américain George W. Bush.

(5) Claude Bיraud, Petite encyclopיdie critique du mיdicament, l’Atelier,
Paris, 2002.
Adresse pour les messages destinיs au forum E-MED:
e-med@healthnet.org
Pour rיpondre א un message envoyer la rיponse au forum
ou directement א l'auteur.
Pour vous inscrire, vous dיsinscrire et consulter les archives de e-med:
http://www.essentialdrugs.org/emed/
Pour toutes autres questions addresser vos messages א:
e-med-help@healthnet.org

TipiX
03/02/2004, 18h06
A lire : "Nous sommes tous des soignants", du même auteur ;-)

Beetle
03/02/2004, 18h28
Pas très diplomate le gars ... 8O

Perso dire que former des médecins c'est former une aristocratie , ça me reste en travers de la gorge ... :evil: Après tout le reste ... c'est clair qu'il y a un fond de vérité mais l'auteur trace un tableau tellement sombre et caricatural de la médecine ... c'est lamentable !! :surpris: :surpris:

Je ne vais pas faire une analyse critique de l'article car ça prendrait des heures vu le nombre d'énormités qui me choquent ... :arg: :dev:

Le seul point positif dans cet étalage c'est :
Certes les hopitaux français ne manquent pas d’יtudiants et de soignants de bonne volontי qui, depuis trente ans, luttent pour instaurer d’autres relations de soins et d’autres formes de transmission du savoir, tout en dénonçant les insuffisances gouvernementales. Depuis plusieurs annיes, avec des moyens limitיs et malgré des obstacles administratifs souvent désespיrants, une minorité active de génיralistes combatifs s’efforce d’organiser des séminaires de formation permanente, indיpendants et de grande qualité. Mais les efforts de ces praticiens lucides et dévoués sont sans cesse battus en brèche par des ennemis bien plus puissants que l’immobilisme des mandarins.

Voilà pour le moment 8)

lapinou
03/02/2004, 20h02
Bon en clair, si je comprends bien, on vire le système de santé français pour instaurer le mélange des systèmes allemand, néerlandais, scandinave et nord-amércain (ce dernier étant d'ailleurs un modèle de compassion pour les patients... :? ). Il faut aussi faire passer tous les médecins devant un psychanaliste pour évoquer leurs soucis.

Ensuite, il va falloir qu'on commence à apprendre quelque chose d'utile en médecine, et on devrait tirer au sort les futurs étudiant en médecine parmi élèves sortant du lycée.

Et enfin, rénumérer tous les médecins au SMIG afin d'éviter de créer une aristocratie...

Et après, tant qu'on y est, on interdit d'être malade pour résoudre définitivement le problème??? :twisted:


Bon sur un plan plus sérieux, il est vrai que cet article met le doigt sur quelques failles (et je pense surtout en ce qui conserne l'industrie pharmaceutiques). Mais globalement, il ne s'agit là que d'une grossière caricature.
Je voudrais bien savoir lequel d'entre nous s'est vu se renfermer totalement sur lui-même suite au concours de P1, ne communiquant plus avec personne de peur qu'il prenne votre place?

Il est certes vrai (et cela existe partout d'ailleurs) que parmi les médecins il éxiste des personnes plus ambitieuses que d'autres, mais cela fait-il obligatoirement de ces praticiens de mauvais médecins?

Pour ce qui touche l'enseigment, je ne peux parler pour l'ensemble, mais je crois que toutes les thèmes évoqués par cet article, sont abordés dans les enseignements. Se serait-il arrêté au premier cycle?

Bon on pourrait longtemps continuer, mais je pense que le système français vaut ce qu'il vaut, mais que globalement on a pas à en rougir, et qu'il n'est pas aussi mauvais (sans être parfait) que cet article voudrait le laisser paraître... :!:

Mickey
03/02/2004, 21h16
C'est sûr, après l'internat et le stress du concours, les médecins ne communiquent plus entre eux, c'est pour ça qu'on a inventé la salle de garde, pour les réconcillier ! Pas con le mec !

Ce type, il a passé son diplome de médecine avant 1940 non ?

Il a d'autres conneries comme ça ou on peut juste lui faire une lingualectomie pour éviter qu'il ne parle trop ? (ce serait pour lui sauver la vie, s'il continue à parler la plupart des médecins vont essayer de le tuer... Il ferait mieux de ne pas être malade)

edit by beetle : tu veux dire glossectomie nan ?? :wink:

icebraf
04/02/2004, 08h11
quel privilège que choisir sa spé et son lieu de travail... Honte à nous, les gars, de vouloir un minimum maitriser notre vie et de ne pas vouloir continuer à suivre le chemin tracé pour nous par le gouvernement.
Reproche facile à adminstrer de la part de quelqu'un qui a fatalement choisi où il allait exercer et d'être généraliste...

Autant le numérus clausus, je suis le 1er à le critiquer autant faut arrêter avec les proposition débiles : un concours d'entrée : ça revient pareil que mettre le concoucrs au bout d'un an à peu de choses près; et le tirage au sort c'est sympa, mais bon je ne pense pas que laisser la volonté complètement à l'écart du système de sélection soit une bonne chose.

Après il me semble très vrai et paradoxal pour le travail en équipe d'être sans arrêt placé en compétition de la p1 à l'internat.


N'empêche que quand on lit cet article on comprend mieux la réforme de l'ENC. on sait maintenant d'où nous viennent les modules comme les questions de dév de l'enfant du mod 3, du veillissement et le module 1 très propre sur lui de l'extérieur mais proche du n'importe quoi quand il s'agit de s'y attarder et d'avaluer les gens dessus. On comprend également d'où vient la volonté de l'épreuve d'analyse d'article de 2008 (je suis content de pas la passer celle-là)... Le seul hic dans tout ça : ça s'accorde vraiment pas terriblement bien avec une évaluation au mot-clé. Enfin peut-être que Winkler est volontaire pour corriger 8 000 copies de façons plus juste qu'au mot-clé.
Bref c'est super de mettre des thèmes à la mode mais faut pas oublier qu'après c'est transformé en liste de mots-clés.

Sinon c'est marrant mais il me semble que dans ma référence c'était la pilule qu'était la plus fiable que le stérilet (pourtant même pas écrit par un labo). Aurait-on abusé de ma crédulité ?


Pour les problèmes de répartition des médecins je pense qu'il y aurait déjà une chose simple à faire : ne pas forcer à partir les étudiants qui sont dans leur région et qui veulent y rester. Ce sont ceux-là qui seront le plus à même de vouloir rester longtemps.
Mais bon s'ils n'imposent pas les choses, nos politiques ne sont pas contents.... l'objectif c'est d'avoir de beaux chiffres...

Anonymous
04/02/2004, 09h11
Si vous connaissiez Martin Winckler (via la Maladie de Sachs par exemple, son bouquin certainement le plus connu), vous sauriez que ça fait pas 2 mois qu'il a des idées sur les études et la pratique médicale...

Et visiblement, il a touché la corde sensible de certains :lol: ça fait pas de mal d'essayer de se remettre en question de temps en temps :)

five
04/02/2004, 11h37
chose étonnante Alfy, il n'y a pas que toi qui connais Winkler... mais ce n'est pas pour cela que ses opinions ne peuvent pas être critiquées

Hale
04/02/2004, 12h47
J'arrive pas à comprendre son opinion sur les inégalités des chances à l'entrée des études de médecine.

Mickey
04/02/2004, 17h24
lingualectomie

edit by beetle : tu veux dire glossectomie nan ?? :wink:

On dit comme ça ? Je pensais que j'avais retrouvé un terme, en fait, je l'ai inventé...
Merci du renseignement...

Hale
04/02/2004, 17h48
Parce que siu il penbse que le tirage au sort à la sortie du bac c'est une égalité de chance...

lapinou
04/02/2004, 19h15
Si vous connaissiez Martin Winckler (via la Maladie de Sachs par exemple, son bouquin certainement le plus connu), vous sauriez que ça fait pas 2 mois qu'il a des idées sur les études et la pratique médicale...

Et visiblement, il a touché la corde sensible de certains :lol: ça fait pas de mal d'essayer de se remettre en question de temps en temps :)

Je veux bien que la remise en question soit quelque chose de nécessaire, mais delà à s'autoflageller, il y a un gouffre...

Le problème dans son article, à force de remettre tout et n'importe quoi en question, il obtient l'effet inverse, tout le monde se braque. Je trouve que cet article manque franchement de diplomatie (ce qui est un paradoxe vu le journal où il a été publié...).
Pour ce qui est de la pilule, il me semblait effectivement que la pilule était plus efficace que le stérilet, mais le problème c'est qu'on ne peut pas savoir d'où il sort son étude comparative entre la pilule et le stérilet. Il ne faut pas oublier, que certes en cas d'oublie, la pilule n'a aucun effet contraceptif (pas possible... :wink:) , mais son effacité est nettetement supérieure à celle du stérilet. de plus il ne faut pas oublier également l'aspect psychologique de la chose (chose qu'il prône apparemment), c'est qu'il est plus simple d'accepter de prendre un comprimé que de se faire poser un stérilet.

Mais pour ce qui est du choix des étudiants pouvant étudier la médecine, je pense qu'il serait bon qu'on instaure un système de tirage au sort dès la naissance pour savoir quel métier on fera plus tard. Ca evitera les illusions, les espoirs, les rêves de carrière... Mais en voilà une idée...
:nc: :cco: :non2:

edit by beetle : g juste enlevé un "L" à pilule ... :wink:

Beetle
04/02/2004, 19h33
Pour répondre à Alfy, c'est évident que pour mettre par écrit toutes ses idées sur la pratique médicale, les études etc ... ce M. Winckler y cogite depuis des années, d'autant plus qu'il est concerné par le sujet .

Ensuite ce n'est pas parce que certains d'entre nous expriment leur opinion que cela signifie que cet article époustouflant a ouvert nos yeux embrumés et éclairé nos esprits naïfs en nous montrant la voie salvatrice de la remise en question et de l'auto-critique ... hummm la quintessence de cet article est tellement ... subjective.

Libre à chacun d'interpréter, tout est sujet à une remise en question. Merci à Matthieu pour avoir posté ce topic.

Mister B
22/03/2007, 05h59
Juste comme ça, regarde la date du premier post... cet article a 3 ans. Tu réponds à un débat terminé.

Hale
22/03/2007, 12h51
Ce topic à 3 ans... merci de ne pas ressuciter les morts...

marioon
26/03/2007, 22h33
C pas parce que l'article a 3 ans que la situation a changé!!
Le débat reste d'actualité moi je trouve. Faut voir que le Winckler a dû faire ses études de médecine il ya 40 ans, c'était plein de grands pontes qui se la jouaient grave! j'ai lu "les 3 frères" de lui (très bon bouquin d'ailleurs), il y retrace de façon romancée son cursus, et faut croire que ses études de médecine étaient assez différentes de ce que l'on connait aujourd'hui, pleines de crasses et d'inhumanité ( mais bon c un roman).
Moi ce que je trouve un peu nul, c que Winckler voudrait qu'on soit tous des généralistes psychologues pleins de compassion alors que l'on peut pas demander aux médecins aujourd'hui de résoudre tous les problèmes existenciels des malades. Et pour le coup un petit Deroxat après 10 min de "psychothérapie de soutien", c de la poudre aux yeux!
Quand au soi-disant manque d'humanité qu'il a l'air de nous reprocher, ça dépend de chacun: pas besoin de taper la discute 30 min avec chaque malade pour se dire attentif, qq gestes ou des intonations de la voix suffisent, a mon sens. Et puis le temps de la parlotte c bien mais c pas avec ça, ou du moins pas seulement, qu'on soigne le malade hein, la prévention tout ça c bien mais qd le malade est ds un lit à l'hosto, l'heure n'est plus, pour le moment, à la prévention ( après oui; mais les journées ne font que 24h:D ).
J'avais déjà lu un article ds le monde diplomat de lui ( peut-etre était ce celui la d'ailleurs) et j'avais couri acheté le truc de Balint... jspr que nos collègues européens ont droit a une édition plus récente, celle ci est à chier, c écrit tout petit ( et ya même pas de photos:D ); plus sérieusement, bah... g lu 10 pages et je me suis dit " c quoi cette prise de tête pour psychiatre??" !! comme si il fallait se regarder le nombril pour être un médecin sympa. Le travail d'équipe et le partage de ses angoisses oui, Balint non...

rollon
28/03/2007, 00h39
Les histoires de psychologies, étique, machin... on m'en rebats les oreilles depuis que je fais médecine. A Rouen, en tout cas, on en a plein des cours sur la relation médecin-malade... Pourtant, et même si ces cours doivent exister, je pense que la psychologie ne s'apprend pas comme un arbre décisionnel ou un cours d'anat. Il y a une grande part d'inné, en un mot d'empathie, que l'on a, plus, ou moins. Le fait de sélectionner p1 par concours (ou tirage au sort) ne change pas grand chose : il y aura toujours des c... hermétiques à toute psychologie, que l'on soit ouvrier spécialisé, polytechnicien ou toubib.

Pour ce qui est des pathologies bénignes (coliques du nourrisson, arthralgies chroniques, troubles fonctionnels intestinaux, "jambes lourdes"...), il faut quand même reconnaitre que notre enseignement est pauvre. Peut être que quelques cours donnés par des médecins généralistes permettraient de mieux différencier le socle commun de connaissance de tout médecin, de l'enseignement de spécialité.
Cependant, les vrais maladies graves, ça existe : il y en a plein les CHU. Si on ne passe que deux heures sur la contraception, c'est pour passer 30 minutes sur l'épiglottite (qu'un généraliste ne verra en moyenne qu'une fois dans sa vie, mais il vaut mieux être en forme ce jour là), c'est aussi pour savoir quand mettre une C3G sur un purpura fébrile. Au final, il y a quand un sacré paquet de trucs à savoir, juste pour éviter de tuer son patient ou rater une urgence vitale.
Je suis désolé, mais les chimio d'induction des leucémies, je ne les connaissais pas pour l'ENC, et on ne m'a jamais demandé de les connaitre.
En bref, l'article est assez caricatural, et ne correspond plus aux dossiers d'ENC qui sont moins pointus et plus généralistes qu'avant (ce qui est très très bien).

Pour ce qui est de la formation continue, il est vrai que l'interne est un peu à la merci des visiteurs médicaux. Il est très difficile d'avoir un senior sous la main pour critiquer les avantages vantés d'un médicament. Comment un premier semestre peut-il évaluer objectivement la qualité d'une nouvelle molécule ? Et en même temps, comment refuser de voir des visiteurs qui paieront le transport pour les journées DES à l'autre bout de la France ?