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Voir la version complète : Etats Généraux de l'Offre des Soins



Ritaline
20-12-2007, 18:59
La première audition de l'ANEMF avec les EGOS (Etats Généraux de l'offre des Soins demandés suite aux grèves, manifs...) avait lieu il y a exactement une semaine.

Voici le compte rendu envoyé par Charles Mazeaud (Prez de l'ANEMF) :

:drapal:Nous avons auditionné dans un premier temps les directeurs de CHU et de CME de CHU ainsi que le Président de la Conférence des Doyens.

La conf des doyens a donné sa position sur les questions de formation que nous connaissons bien parce que c'est pas franchement nouveau :

- Pour l'augmentation du numérus (vers 8000)
- Pour un oral en P1 :rolleyes:
- Pour un classement des étudiants au perçentile aux ECN :)
- Pour des ECR (Examen Classant Régional et non plus national) :un: (même si d'ici là on sera passé à la casserole !)
- Pour une répartition des postes 50/50
- Pour des terrains de stages en périphérie

Sur la question des moyens manquant cruellement aux facs de médecine, il a répondu qu' ils seraient en mesure de "lisser" tout ça et que "moyennant quelques adaptations" on arriverait absorber le supplément !!!
Pour les directeurs de CHU et de CME (Commission médicale d'établissement) de CHU, ils veulent plus de jeunes formés mais admettent que leur capacités d'accueil en stage sont limitées.

:drapal: La deuxième partie des auditions était pour les directeurs de CH, de CHS (H psy), CME de CH et de CHS (Centre Hospitalier Spécialisé (psy)) ainsi que les Hôpitaux locaux.
Ils seraient tout a fait intéressés par l'accueil de nouveaux étudiants moyennant convention avec la Faculté.

Pour le reste des questions et du débat en général, malheureusement tout n'a été que constats et digressions sur les maux qui rongent le système de santé aujourd'hui... avec de grandes propositions que nous connaissons déja (Réseau ville-hopital, télémédecine, favoriser les plateaux techniques de proximité, améliorer la Proximité Des Soins (http://www.fmfpro.com/article.php3?id_article=143),...).

L'accent a tout de même été mis sur l'exercice de la psychiatrie qui pose de réels problèmes en terme d'accès au soin et de qualité du suivi. .


À suivre ... :flower:

nb: je poste ici à défaut : c'est plus de l'ordre des rélexions étudiantes que de la corpo directement et ça se limite pas aux P2 / D4 ...

Güt
21-12-2007, 10:56
Merci Célia pour ce CR .

On ne sait pas quand les ECR seraient éventuellement mis en place ?

Parcque bon, si j'ai une chance d'éviter l'ECN , ca serait pas plus mal :D

Ritaline
05-01-2008, 23:50
Ces journées ont été consacrées aux auditions de médecins de maisons de santé pluridisciplinaire, de maires de villes et ...


Journée du 20/12/07 : auditions de médecins de maisons de santé pluridisciplinaires

Michel SERIN président de la fédération française des maisons de soins et de santé et médecin coordinateur d’une maison de santé amandinoise.


Présentation d’une Maison de santé pluridisciplinaire qui regroupe 3 MG, 2 IDE, un dentiste, un kiné, une psychologue, une diététicienne, un podologue-pédicure, un ergothérapeuthe, un médecin du travail et un service d’aide au maintien à domicile.


:drapal: Les médecins ont un réseau informatique pour le suivi des dossiers des patients et un secréteriat en commun.
La communication entre les différents acteurs de l’établissement est favorisée par Internet (notamment msn).


:drapal:Toutes les semaines, les médecins se réunissent pour un débriefing et travailler les dernières recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé).
- Tous les mois des réunions regroupant l’ensemble des professionnels de santé permettent de faire un bilan et d'évaluer les pratiques professionnelles de chacun, discuter de l’organisation de la maison de santé.

Ces réunions sont indemnisées.



:drapal: L’établissement a formulé une demande auprès de la faculté de Dijon pour recevoir des étudiants de second cycle sans réponse à ce jour. A 200km de la fac dijonnaise, nous avons rappelé la difficulté pour les étudiants de se déplacer aussi loin de leur lieu de vie et des couts financiers que ce stage engendrerait pour l’étudiant tout en soulignant l’attractivité et l'intérêt pédagogique de ce type de terrain de stage. La maison de santé a régulièrement des internes.



Parmi les points positifs développés on note :

- Amélioration des relations ville-hôpital avec une meilleure répartition des taches

- Amélioration de la couverture vaccinale

- Partage des connaissances

- Prévention du burn out des soignants

- Permanence des soins assurée en continu

Autres champs d’action : prévention de certaines pathologies, consultation d’addictologie, travail avec les cantines scolaires, avec les collèges pour l’éducation et la violence.



La création de cette maison de santé n’aurait pu avoir lieu sans l’apport d’un capital privé initial et son fonctionnement, assuré par des subventions régionales et nationales, est remis en cause tous les 3ans selon les reconductions ou non des subventions. (l'argent...encore et toujours...:-()

Les médecins conservent un exercice libéral


Audition de Jean GAUTIER, vice président de l’association ASALee (les deux Sèvres) : regroupant de maisons de santé. Fonctionnement similaire à la celle exposé précédemment.



Réactions et questions diverses du comité de pilotage :


• Les maisons de santé semblent l’exercice d’avenir de la médecine libérale, séducteur aussi bien pour les zones rurales qu’urbaines… mais alors est-ce vraiment une mesure incitative qui favorisera l’installation de jeunes médecins dans les zones déficitaires si ce type d’exercice voit le jour sur l’ensemble du territoire ?



• Y-a t’il un risque à l’implantation non règlementée des maisons de santé, avec une concurrence entre deux maisons de santé proches et donc entre deux villes ?




Matin du 21/12/07 :


Mme MORAT VUONG, représentant les Grandes villes et vice-présidente des villes françaises de l’organisation mondiale de la santé (médecin de formation)

:drapal: Attention, les grandes villes souffrent aussi d’une pénurie médicale vraie. Les médecins des grandes villes sont majoritairement en fin de carrière. (>50ans).


:drapal: Problème des médecins généralistes parisiens qui n’exercent pas la médecine de premier recours mais sont homéopathes, allergologues, acuponcteurs… remettant en cause la permanence des soins.


:drapal: Dans les grandes villes, l’augmentation du prix des loyers rend difficile l’installation des médecins, l’exercice en groupe est séducteur également pour les médecins de ville mais reste compliqué car les cabinets de groupe demandent une surface immobilière conséquente, parfois impossible à trouver.

Mme MORAT VUONG a insisté pour que les médecins notamment les jeunes jouent leur rôle de co-acteur de la vie publique locale médicale et demande à ce qu’ils s’investissent plus dans la vie politique locale.




Mme GIBOURDEL représentant les maires de ville moyenne soit 15% de la population (institutrice de formation)

Après un constat de pénurie et mauvaise répartition médicale sur le territoire, Mme Gibourdel fait part de la position des maires de villes moyennes concernant l’installation des MG :
"Les médecins adhérent aux serments d’Hippocrate et ont le devoir de soigner la population où qu’elle soit, il faudrait donc règlementer l’installation des médecins et de manière urgente.
Rien de pourra être résolu sans la contrainte.
Les études de médecins sont gratuites, payés par l’état, le médecin se doit donc d’une mission de service publique."

Ces propos ont été modulés car il est injuste que ce soit les jeunes médecins en cours de formation qui voient leur installation règlementée mais ceux qui vont rentrer à la faculté. (ne pas changer les règles du jeu en cours de route).

Ces propos ont été très critiqués, on a rappelé le coût de nos études médicales (loyers pendant plus de 6ans, Livres pour préparer les ECN, ..) et insisté sur ce qu’apportent les étudiants en médecines aux hôpitaux français (gardes aux urgences de 24h payée 24euros, main-d’œuvre largement exploitée par les CHU, rôle et rémunération des internes …)


Les deux représentantes des maires ont rappelé leur attachement à un Examen Classant Régional.
Après leur avoir expliqué l’ineptie de leur propos et la réalité de la répartition des poste d’internes actuellement avec les ECN, elles ont accepté et compris que les ECR n’apporteraient aucune solution à la démographie médicale.




Réactions et questions diverses du comité de pilotage
:


• Il faut mieux organiser la permanence de soin en privilégiant la régulation médicale mais si un système organisé en permanence de soin peut-il survivre à la co-existence des urgences hospitaliers gratuites, lisibles, et non organisées ?

• Le système de santé ne peut répondre aux demandes de soins de la population mais doit s’attacher à répondre aux besoins de santé. (Encore une fois on la notion de demande et de besoin de santé est abordée sans pouvoir les définir de manière consensuelle, ce pendant ce raisonnement est accepté par les associations de patients)

• Pour les maires, la population est prête à accepter une distance maximale de 20 min d’un cabinet médical.




Après midi du 21/12/07
Réunion du groupe de concertation permanent :



Nous avons rappelé nos positions et mis l’accent sur nos besoins pour l’augmentation du numérus clausus de P1 et insisté sur le fait que l’inter régionalisation à la place des ECN n’est pas une solution aux problèmes démographiques.


Réponse du Pr. Yvon Berland (http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/berland2006/rapport.pdf) : c’est un avis, pas un constat.
De plus, les ECN ne marchent pas pour la démographie médicale.
Les étudiants de Marseille qui ont été exilés à Nancy pour leur internat reviennent à Marseille exercer.
Y. Berland a fait toutes sortes de simulation mathématiques... il en résulte que s’il veut vraiment réguler la démographie, il faut faire du cloisonnement total des régions sinon ça ne sert à rien !!



Conclusions :

• Notre contribution, dès qu’elle sera faite doit être envoyée pour la bibliographie.

• C. Saout représentant les patients voudrait qu’on sorte des EGOS avec un « pacte social de santé ».

• Il faut définir la profession de MG (la meilleure semble un condensé de celle de la Wonca ( Organisation Mondiale des MG (http://www.globalfamilydoctor.com/)) ). La chambre des métiers a été évoquée pour faire ce travail (mais critiquée de l’ordre des médecins).

• Il faut définir les territoires de santé. L’unité est populationnelle avec une nuance géographique.

• Il y aura des modélisations pratiques.

• Mission LARCHER : 3 groupes croisent nos travaux :

o Réseau ville – hôpital

o Recherche et enseignement (ce groupe doit être le nôtre)

o Médico-social (c’est le 6ème groupe, celui créé en plus)




Association des Régions de France, chargée de mission santé et représentante de la région Aquitaine.



La santé n’est pas une compétence du conseil régional mais ils ont du prendre ce problème à bras le corps.
L’approche est différente de celle des Missions Régionales de Santé et des Organisations Régionales de Santé qui n’ont pas les moyens d’avoir une dynamique sur le sujet. Ils font des constats que les régions, elles, utilisent depuis longtemps et qui échappaient à tout le monde.

Ils ont cherché le schéma opérationnel le plus intelligent et ont arrêté leur zoom au niveau des « pays ». C’est l’unité fonctionnelle qui permet de définir le besoin en santé le plus clair. C’est une unité populationnelle.

Ils se sont placés en animateur pour faire émerger les problèmes : réunion des médicaux, paramédicaux, élus, société civile, institutions.

Analyse du besoin, des nouveaux modes d’exercice demandés, de la qualité, du temps de formation et de l’attractivité (notamment pour les femmes).



Certaines populations médicales cherchent le salariat et c’est une piste sérieuse de travail avec l’assurance maladie.

Ils ont mis en place tout ce qui est dans la contribution pour permettre une meilleure installation de leurs médecins.

Il faut utiliser l’existant et réunir ce qui existe déjà pour continuer à avancer. Il serait bon d’identifier ce travail à un niveau particulier du système administratif. Les régions semblent être le bon niveau. Les pays la bonne unité.

Les régions sont prêtes à financer des bourses pour les étudiants souhaitant aller faire des stages en périphéries. Mais le premier obstacle rencontré est le manque de terrain de stages.



Les Organisations Régionales de Santé ne fonctionnent pas car ne sont pas bien financées.

Le concept des ARS ( Agence Régionale de Santé (http://heure-h.hopital.fr/?p=5)) est bon mais la France doit avoir une politique de soins primaires.

L’offre professionnelle pour les étudiants est décourageante.

Les Conseils Régionaux ont une vision santé dans un schéma de service global et incluent ce besoin parmi les besoins médico-sociaux mais aussi de services de manière générale.



L’enveloppe Aquitaine est de 12 Million d’€/an pour les services. Pour la Santé c’est 300 000 à 400 000 €.

Dans le détail les projets santé représentent 1,5 M€ dont 700 000 euros pour les communauté de commune, pays et 700 000 euros redivisés en deux avec 300 000euros pour les régions et 300 000 pour les départements.

De plus il existe un travail européen mené par l’Association des Régions de France sur la question des soins primaires.
Les travaux sont déjà bien commencés, et devraient être rendus pour septembre 2008 pour un projet européen qui devrait voir le jour en 2010.



Charline Tourel, VP Démographie Médicale de l'ANEMF

IbouX
06-01-2008, 18:24
Je pense qu'il serait intéressant de tirer l'essentiel de ce CR avant de le transmettre aux étudiants. Déjà que j'ai souvent la flemme de lire ces grands mails, j'imagine que l'étudiant lambda ne le fait pas.

Ritaline
06-01-2008, 18:28
L'essentiel sera sur le site de la corpo... + tard.
En attendant, trop ou rien :confused:

Ritaline
19-02-2008, 17:38
Lors d'un colloque le 8 février, l'ANEMF ainsi que les autres membres du groupe de concertation ont rendu leur premières conclusions:

La médecine générale de premier recours a fait l'objet de deux mois d'intenses discussions rassemblant l'ensemble des acteurs du système de santé (professionnels de santé, étudiants, élus, patients, etc).
Aujourd'hui de nombreuses propositions sont mises en avant pour hisser la médecine générale au rang des autres spécialités et garantir un accès aux soins sur l'ensemble du territoire.
Il est indispensable de noter qu'aucune mesure désincitative à l'installation des jeunes médecins n'a été retenue par la Ministre de la Santé, privilégiant les mesures organisationnelles et incitatives.

L'Arnal
19-02-2008, 17:48
...hisser la médecine générale au rang des autres ...
Il est indispensable de noter qu'aucune mesure désincitative à l'installation des jeunes médecins n'a été retenue par la Ministre de la Santé, privilégiant les mesures organisationnelles et incitatives.http://www.e-carabin.net/images/icons/icon2.gif"hisser la médecine générale au rang des autres" ==> n'était-ce pas le but de l'intégration de la MG à l'internat et des hausses des tarifs ?
http://www.e-carabin.net/images/icons/icon2.gifAucune mesure désincitatives, OK, ouf, on a gagné car ça change pas par rapport à avant ; mesures incitatives : on nous dit qu'il y en a déjà...

Bref, Je ne vois pas ce qui est nouveaux... :confused: