Vieux 27/03/2006, 20h24   #1
Tuc
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Post Manif/casse du jeudi 23/03, 2 visions...

C'est une chose que j'aime bien faire, lire dans deux journaux totalement aux antipodes leur façon de relater un même évênement, je ne sais pas lequel des 2 a raison puisque je n'y étais pas... mais si certains y étaient pourquoi pas nous faire part de ce qu'ils ont vue
Les 2 journaux en question sont L'Humanité et le Figaro
Le sujet est la manifestation de ce jeudi 23 mars et plus précisément la casse qui a eu lieu Place des Invalides en fin d'arpès-midi
Je préfère faire un copier/coller des textes, car autant le reportage de l'Huma restera en ligne, autant celui du Figaro restera seulement 3 jours je crois (ou une semaine grand max)

http://www.humanite.fr/journal/2006-...6-03-25-826977
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Envoyé par L'Humanité
« La police a serré les manifestants, mais pas les casseurs ! »
Des témoignages recueillis jeudi soir place des Invalides, à Paris, pointent l’inertie de la police face aux agressions de casseurs contre des manifestants.

Pour un coup de filet, c’est un beau coup de filet. Près de 150 interpellations, jeudi soir, place des Invalides, à Paris. Près de 150 personnes embarquées au hasard et une bonne heure après qu’une meute d’excités a fini de semer le chaos en queue de manif. La scène se passe vers 20 heures, sur le quai d’Orsay, entre la Seine et l’esplanade. Le périmètre est complètement bouclé par les forces de l’ordre. Une dizaine de cars stationnent là. À l’intérieur, des gens, jeunes pour la plupart, dont quelques-uns frappent aux carreaux, gentiment. Sur le trottoir, des badauds désappointés.

« Ils ont embarqué les lampistes », martèle Lionel, un grand blond à l’accent nordique. Caméra au poing, il ne cesse de filmer : « Ils ont serré les manifestants qui rentraient chez eux, pas les casseurs ! » Montrant du doigt le coin de la rue, il poursuit : « Ils les ont pris en tenaille puis rabattus jusqu’ici. » Derrière les cars, une cinquantaine d’individus, parqués, attendent encore d’être emmenés un à un dans les véhicules. Du lycéen, de l’étudiant, du Parisien en duffel-coat, du banlieusard en sweat-capuche. Même du Rennais, pris dans la nasse... Bref, du tout— venant.

Cyril, photographe, en était, jusqu’à ce qu’il montre sa carte de presse : « Quelle mise en scène ! Ils venaient nous chercher un par un. Un CRS arrivait, l’oeil noir et le pas lourd, faisait le tour du groupe avant d’en chopper un au hasard. » Guillaume, dix-sept ans, lycéen, n’en revient toujours pas. « C’est un truc de fou ! J’allais récupérer mon vélo, et je me suis retrouvé coincé entre deux cordons de CRS. » Après l’avoir gardé un temps, ils l’ont laissé filé. « Je dois avoir une bonne gueule. »

D’autres n’ont pas eu cette veine. Une fille, la vingtaine, petites lunettes, foulard chamarré et sac paré d’une fleur, papote, souriante, avec le CRS qui la retient délicatement par le bras. « Vous venez du Sud ? » « Eh oui, répond le gars, je suis monté il y a... » Un type se laisse accompagner jusqu’au bus, poings liés dans le dos... et Walkman sur les oreilles, la tête flottant au rythme d’une musique. Un autre qui s’y rend seul, sans même avoir besoin d’une escorte. Quelques garçons sont, eux, maintenus plus brutalement. Ne semblent pas nerveux pour autant, sauf un, qui se débat.

Jean-Baptiste, la cinquantaine, observe, bouche bée : « J’ai suivi la manif, j’étais aux Invalides. J’ai vu des groupes organisés s’en prendre aux manifestants, casser des vitrines sans que la police ne bouge. Et maintenant que la bataille est finie... » Lionel, dont la caméra filme toujours, ne décolère pas : « Des bandes organisées ont molesté des jeunes, des journalistes, brûlé les voitures : personne n’est intervenu. Et ils arrêtent des manifestants ! » Molesté, ce photographe l’a été, qui montre une bosse rouge sur son crâne. « Des groupes de casseurs nous sautaient dessus, je me suis retrouvé à terre, frappé », raconte-t-il. À l’instar des autres, il raconte : « Ce qui m’a le plus effrayé, c’est que, autour, personne ne m’a aidé. Pourtant la police était là ! » Un manifestant reste traumatisé. « On s’est fait dépouiller, c’était la guerre civile. C’est la première fois que je me fais charger comme ça par 300 mecs. »

Forces de l’ordre inertes au moment des heurts : autour de la place des Invalides, la même accusation revient. Beaucoup parlent même de manipulations. « Tout ça est orchestré : on laisse faire les casseurs », dénonce Céline, étudiante. Dans quel but ? « Pour nous discréditer et surtout nous effrayer. C’est une manière de briser le mouvement. »

La peur aux dépens de la mobilisation ? Du déjà-vu. L’an dernier, au plus fort de la mobilisation contre la loi Fillon, les manifestations lycéennes avaient vu débouler, pareillement, des bandes de pillards brutaux. Déjà, la police s’était vu reprocher sa passivité, alors que les vitrines sautaient, que des gars étaient délestés de leurs blousons et frappés, des filles traînées par les cheveux. En une semaine, la masse des manifestants avait diminué de moitié.

Marie-Noëlle Bertrand
http://www.lefigaro.fr/reportage/200...invalides.html
Citation:
Envoyé par Le Figaro
Sur le champ de bataille des Invalides

La scène s'est jouée en quelques instants à peine. Sur l'avenue du Maréchal-Galliéni, au coeur du VIIe arrondissement de Paris, une élégante jeune fille, manteau noir et talons hauts, avance d'un pas pressé, seule au milieu des casseurs. Soudain, un adolescent au cheveu ras, jeans et anorak noir, tente de lui arracher son sac tandis qu'un autre se jette sur elle pour la ceinturer. Bientôt, la voici projetée à terre, qui tente de résister. Tout autour, une dizaine de jeunes encagoulés regardent sans bouger, menaçants ou simplement goguenards. Il est 17 heures, jeudi, sur l'esplanade des Invalides livrée, depuis trois quarts d'heure, à la violence et la haine de quelque 2 000 casseurs venus, principalement, de banlieue. Au loin, la silhouette du Grand Palais domine un champ de bataille surréaliste. Ici, une cinquantaine d'adultes portant des drapeaux rouges scandent, imperturbables : «Lénine, Staline, Mao». Là, des groupes de fauteurs de troubles courent en tous sens et sèment la panique. A la recherche de proies, ils toisent étudiants, journalistes ou simples badauds. Puis ils fondent sur une cible à cinq, quinze ou trente, avant de la rouer de coups puis de s'en détourner, leur rage temporairement apaisée.

Par groupes compacts, ils déferlent de part et d'autre des terre-pleins où sont massés par milliers les manifestants anti-CPE. Abandonnant leur tam-tam, jetant banderoles et bouteilles de bière, les adolescents cèdent à la panique généralisée. Ils s'enfuient, en hurlant de peur, pour échapper aux hordes de prédateurs. Ceux qui ont le malheur de trébucher sont roués de coups de pieds, de poings et de bâtons.

Achaque reprise, depuis le début de la manifestation, la stratégie des casseurs s'est révélée redoutablement efficace. D'abord, ils repèrent une cible isolée, de préférence un jeune lycéen en train de téléphoner en marge du cortège. A deux ou trois, ils le projettent alors à terre. Puis c'est un véritable essaim qui, sans retenue aucune, fond sur la victime avant de la frapper sans relâche et de la laisser au sol, parfois en sang. Souvent, les gros bras de la CGT, venus prêter main forte aux étudiants et lycéens, parviennent à refouler les vagues d'assaillants. Mais la tâche est immense tant les casseurs se révèlent mobiles, allant et venant tout au long du défilé.

Aux Invalides, il est maintenant 18 heures. Alors que se succèdent les scènes de lynchage, plusieurs bandes d'inconnus encagoulés convergent soudain en direction de la rue Saint-Dominique, où deux voitures sont renversées au milieu de la chaussée. Deux autres véhicules sont incendiés. Des flammes hautes de plusieurs mètres dégagent une épaisse fumée noire. Plusieurs explosions sourdes sont entendues. Les vitres volent en éclats. Un bâtiment voisin s'embrase au deuxième étage, sous les cris de victoire de dizaines de casseurs. Les pompiers, encerclés, sont menacés de mort et essuient une pluie de projectiles sous le regard inquiet d'une poignée de reporters et photographes de presse.

Depuis le début des manifestations anti-CPE, les journalistes ont appris à se protéger. Ils endossent d'improbables panoplies. Certains sont casqués et portent des lunettes de piscine, d'autres des masques de chirurgie ou encore des masques à gaz style «poilu» pour se protéger des gaz lacrymogènes. Mais ces équipements de fortune ne les mettent pas à l'abri. «Lorsqu'ils nous ont repérés, ils ont commencé à se chauffer en criant : «on va niquer la presse», explique ainsi un reporter. Jack Guez, photographe à l'AFP, raconte pour sa part : «Au départ, quand on les a vus attaquer des gosses à vingt contre un, on a été quelques-uns à vouloir s'interposer. Mais, assez rapidement, on a pris peur.»

Certains, pourtant anciens reporters de guerre, sont surpris d'être directement pris à partie, voire attaqués, comme Thomas Coex, de l'AFP. «J'étais resté en arrière pour photographier un manifestant qui avait été sérieusement blessé lorsque deux gars m'ont fait un balayage avant de me projeter à terre. Là, ils m'ont mis quelques coups. Puis, chance énorme, ils se sont détournés et j'ai pu me relever.»

Retour sur l'esplanade des Invalides devenue champ de bataille. Une vieille dame en redingote rouge surgit de nulle part et se met à trottiner au milieu des voyous. Elle ignore l'incongruité de sa présence. «Je suis désolée, j'habite en face», lâche-t-elle en s'excusant presque. Un retraité en casquette, visiblement de retour de voyage, «traîne» une valise à roulettes à deux pas d'un homme frappé à coups de chiffons enflammés. Tout autour, les CRS ont bouclé les accès à l'esplanade, souricière où règne une indescriptible pagaille.

Pendant que des casseurs dansent en faisant des doigts d'honneur sur des voitures transformées en épaves en quelques minutes, un Noir coiffé d'une capuche verte et vêtu d'un blouson de cuir filme chaque séquence avec un caméscope fixé sur un pied. A l'évidence, les images circulent déjà sur les blogs des cités de Seine-Saint-Denis et des Yvelines.

Anarchistes et militants d'extrême gauche se mêlent à la partie en jetant des barres de fer, des poubelles ou des feux tricolores arrachés de leur support sur les forces de l'ordre. Stoïques, CRS et gendarmes mobiles encaissent les assauts avant qu'un gradé donne un coup de sifflet.

Stratégie de la tenaille : au petit trot, deux imposantes colonnes bleues progressent en équerre autour des casseurs. Les affrontements redoublent de violence. De manière sporadique, des policiers en civil, le visage masqué par des écharpes, jaillissent matraque à la main des haies de CRS pour interpeller un casseur ou un alternatif. Les frappes sont chirurgicales. Le suspect est plaqué au sol, puis traîné par les pieds, en quelques secondes, vers la haie de boucliers qui se referme aussitôt après avoir happé le fauteur de trouble.

18 h 30. Les Invalides plongent dans une atmosphère crépusculaire. A travers la fumée âcre des fumigènes, les cordons de CRS ratissent pas à pas l'esplanade. Ils cognent, à coups de matraque, leur bouclier pour donner la cadence. Épuisés et les butins en poche, les casseurs finissent par battre en retraite. La mélopée policière s'achève lorsqu'est démantelé un dernier carré d'irréductibles. A la nuit tombée, l'esplanade, jonchée de détritus, n'est plus que désolation.
On remarque très vite la différence de style non ?

Y'a quand même un truc qui m'intrigue : comment, alors que les casseurs étaient "encagoulés" peut on savoir avec certitude qu'ils viennent de la banlieue ?
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Vieux 27/03/2006, 21h35   #2
Tuc
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avec ou sans j'en suis incapable en effet
enfin là, la phrase est clair "2000 casseurs venus, principalement, de banlieue." ... et j'ai un peu du mal perso à juger d'emblée en voyant un groupe de 2000 personnes s'ils viennent "principalemet" de Paris, la banlieue, poitiers reims, la réunion (même en interpellant 50 personnes au hasard dans le lot puisque je n'aurais pas la certitude que mon échantillon est représentatif ) ... donc j'ai un peu de mal à imaginer comment le journaliste du Figaro a réussi cet exploit
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Vieux 27/03/2006, 21h58   #3
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Je pense qu'il a plutôt voulu dire "2000 jeunes qui ne viennent pas du XVIème" Après, banlieue, ou pas, c'est le "style" "racaille", blouson capuche etc, etc, etc ...

Mais c'est vrai que dire "banlieue" comme ça, c'est limite ....
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